restauré de 1993 à 1998 L’orgue anonyme Église Saint-Jacques de Liège

Orgue


Construit en 1600 par un facteur d’orgue resté inconnu, (peut-être s’agit-il de Nicolas Niehoff qui construisit peu de temps avant l’orgue voisin de Saint-Denis à Liège ou de Florent Hoquet) l’instrument s’adosse fièrement à la grande muraille du fond de l’église et culmine à près de 23 mètres de haut. À divers endroits on retrouve la date anno 1600 ainsi que diverses armoiries. L’ensemble des buffets d’orgue et galerie est entièrement sculpté, polychrome et doré. On y aperçoit des décors de faunes, bucranes, chérubins et pointes de diamants. La couleur dominante est un bleu assez soutenu, retrouvé lors de la restauration.

Sous les buffets d’orgue se trouve l’ancien jubé gothique qui était érigé à l’origine à l’entrée du chœur. Daté de 1538 et probablement sculpté par Daniel Mauch, cet ouvrage entièrement en pierre fut déplacé peu avant la construction de l’orgue.

Transformé en 1669 par André Séverin qui fut enterré à Saint-Jacques, (comme en atteste la pierre tombale conservée dans le narthex), l’orgue fut entièrement reconstruit par Arnold Clerinx en 1854 qui sacrifie les quatre grands volets et supprime les dos de l’instrument pour y loger de plus grands sommiers et une quarantaine de jeux. Au milieu du vingtième siècle, l’orgue se trouvait dans un état poussif qui était loin de satisfaire le titulaire d’alors, Pierre Froidebise, qui multiplia en vain les démarches en vues d’une restauration.

Le très mauvais état de conservation des éléments Clerinx et le non-respect des dimensions de la caisse de résonance des buffets incitèrent les restaurateurs à rejeter l’éventualité d’un retour à l’orgue du XIXe siècle. Restaient alors deux possibilités : la reconstruction d’un orgue de type Séverin ou le retour à l’instrument d’origine de la fin du XVIe siècle. C’est cette dernière solution qui fut retenue étant donné le bon état de conservation des magnifiques buffets d’orgue et l’intérêt majeur pour le paysage d’orgues de Liège et de la Wallonie de pouvoir compter un instrument de ce style.

Les travaux de reconstruction ont été réalisés par la Manufacture d’orgues Schumacher de Baelen et conduits par Koos Van de Linde et par l’organiste titulaire Pierre Thimus.

Le buffet est typique pour l'époque : très haut, relativement large et très peu profond. La hauteur considérable du grand corps (la tourelle centrale mesure 5,81 m) a permis d'envisager un instrument à trois claviers manuels, comprenant Hauptwerk, Oberwerk, Rückpositiv et un pédalier indépendant. La console a retrouvé ses dimensions originales et comprend les trois claviers manuels recouverts de buis et d’ébène.

En l’absence de toute indication concernant l’instrument d’origine, la composition de l’orgue a largement bénéficié des travaux de recherche de Jan Van Biezen et Koos Van de Linde sur de nombreux orgues du XVIe siècle au Pays-Bas et ailleurs.

Le clavier du Hauptwerk comporte essentiellement les jeux de principaux, avec des doublures typiques à partir de la tessiture de 4' pour les principaux de 16', 8' et 4'. La Mixtur et le Scharff découlent encore directement de la conception caractéristique du Blockwerk gothique. Le « plenum » du Rückpositiv est organisé selon les mêmes principes. Les principaux du Oberwerk possèdent les mêmes doublures. Toutes les flûtes sont de taille large et se fondent admirablement entre elles. Les jeux d'anches sont particulièrement caractéristiques des recherches de sonorité de l'époque Renaissance.

Le choix du tempérament mésotonique, le plus répandu jusqu’au XVIIe siècle, est la conséquence logique et indispensable de l'option d’esthétique sonore.

Orgue


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